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Lorsqu’une personne partage avec moi une coutume locale, je me surprends à l’écouter avec un petit sourire amusé et bien souvent, une touche de scepticisme.

Et pourtant, si c’était vrai?

J’ai reçu plusieurs leçons d’humilité face à mes premières impressions sur les habitudes de certaines cultures.

Désinfecter une plaie au Panama

À mon arrivée à Panama, j’ai eu quelques fois à faire à des médecins locaux. Je trouvais qu’ils étaient très alarmistes et qu’ils avaient tendance à surmédicaliser. Je me suis rendue compte à mes dépends qu’il y a une explication à cela. Le climat panaméen, chaud et humide, est bien différent du climat tempéré auquel je suis habituée. La moindre petite plaie peut s’infecter et prendre des proportions démesurées. Après plus d’un an au Panama – et quelques plaies qui ont mal tourné – voilà que moi aussi je me suis mise à désinfecter la moindre coupure…

Céder le passage aux piétons au Mexique

Une autre habitude locale qui m’est apparue complètement folle et que j’ai fini par adopter après quelques mois : la conduite au Mexique. Les piétons n’ont jamais la priorité et les voitures ne leurs cèdent pas le passage. Lorsque j’arrivais à un passage piéton, personne ne me laissait passer. J’ai compris que la règle était la suivante : tu regardes à gauche, à droite et s’il y a une accalmie dans la circulation, tu traverses en courant !

Quand j’ai commencé à conduire, je freinais pour laisser passer les piétons. Dans un pays où ça ne fait pas partie des habitudes, c’est en fait assez dangereux ! Les piétons ne comprenaient pas et continuaient à attendre au bord de la route en me regardant avec des yeux ronds malgré mais appels de phare et mes signes de main. Et les voitures derrière moi, pilaient, klaxonnaient et finalement me doublaient, manquant de renverser les rares piétons que j’avais enfin réussi à convaincre de traverser… Par la suite je me suis adaptée au fonctionnement local : je filais tout droit et laissais les piétons attendre l’accalmie.

La sorcière du village, dans les rizières du Guilin (Chine)

Quelques années auparavant, en Chine, après une longue promenade sur les plateaux de rizières du Guilin, mes jambes se sont brusquement couvertes de boutons, entraînant des démangeaisons qui me rendaient folle. Notre guide m’a emmenée voir la sorcière du village voisin. C’était une femme frêle et douce qui m’a écrasé chaque bouton avec ses ongles, puis a pris une plume et m’a enduit les jambes d’une lotion guérissante, qui ressemblait beaucoup à de l’eau. Au moment où elle le faisait, je me laissais faire avec un mélange de curiosité et d’amusement mais sans aucune illusion sur le fait que ça n’avancerait en rien ma guérison. Avec le recul je me rends compte que j’avais tort. Sa potion magique ne m’a peut-être pas soignée plus vite, mais le fait qu’elle prenne le temps de s’occuper de moi m’a changé d’état d’esprit, m’a apaisée et soulagée. Je ne dis pas qu’elle aurait pu me guérir d’une bronchite ou d’une pneumonie, mais ce jour là, je suis rentrée chez elle avec un mal-être et j’en suis ressortie avec le sourire… N’étais-je donc pas guérie ?

Les coutumes locales prennent en compte des données que nous n’avons pas en arrivant : souvent elles sont adaptées à l’environnement (que nous ne connaissons pas ou mal) et à la population. 

Ne les jugeons pas trop vite! Elles pourraient avoir plus de sens que nous ne le pensons… Ne serait-ce que parce qu’elles nous proposent d’aborder un problème dans un autre état d’esprit.

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